Migrations

Les migrations sont souvent motivées par le besoin de trouver des aires d’alimentation très productives. La plupart des baleines s’alimentent dans les eaux riches des hautes latitudes pendant l’été et se rassemblent dans les eaux tropicales et sub-tropicales pendant l’hiver.

Ainsi, chaque été, quelques dizaines de rorquals communs viennent se nourrir au large de Tadoussac, Canada. D’autres rorquals communs sont des habitués du détroit de Jacques-Cartier, du golfe du Maine, de la Baie de Fundy ou d’ailleurs… Ce qui prouve la « fidélité » des rorquals communs à des aires d’alimentation estivales.

Pourquoi à Tadoussac ?
Les marées crées, par l’attraction de la lune et du soleil sur l’océan, jouent un rôle déterminant dans l’apport d’eau de mer salée et froide riche en éléments nutritifs. Plus le lieu est étroit, plus l’onde de la marée en entrant va être haut et important. Elle peut varier de trois à huit mètres. A Tadoussac, le fjord du Saguenay apporte son eau douce dans l’estuaire maritime du Saint-Laurent, ce qui en fait la plus riche agrégation de krill du Nord-Ouest de l’Atlantique.

Les différentes populations de rorqual commun semblent donc effectuer de courtes migrations dans l’Atlantique, sans jamais se rassembler. Une population s’installerait pour l’été dans une région occupée pendant l’hiver par une autre, elle-même partie s’alimenter plus au nord.

Plus nomade que le rorqual commun, les visites du rorqual bleu sont moins régulières et moins longues dans le Saint-Laurent.

Il adapte probablement ses itinéraires en fonction de l’abondance du krill dont il se nourrit. Sur les quelques 350 rorquals bleus identifiés dans le Saint-Laurent, moins de 25 % sont revus régulièrement…

La filature photographique a permis de décrire les habitudes migratoires du rorqual à bosse. Comme les rorquals communs, les rorquals à bosse de l’Atlantique Nord se répartissent en été entre plusieurs aires d’alimentation auxquelles ils sont assez fidèles.


Migration des rorquals à bosse. En bleu, les zones de reproduction, en mauve, les zones d’alimentation.

Chaque automne, ils quittent les aires d’alimentation pour entreprendre une impressionnante migration. Certains individus parcourent jusqu’à 5 000 kilomètres pour rejoindre les eaux des Caraïbes, leur maison pour l’hiver.

La plupart des grandes baleines suivent donc la migration du rorqual à bosse. Elles viennent dans les eaux riches l’été pour se nourrir et retournent dans les eaux tropicales ou subtropicales pendant l’hiver.

On ne connaît aucun rassemblement comparable à ceux du rorqual à bosse pour les rorquals communs et les rorquals bleus.