Le Chant des Baleines

Les chants des baleines sont des sons émis par ces cétacés pour communiquer entre eux. On parle de « chants », pour décrire l’impression répétitive et prévisible de ces messages, qui dépendent de l’espèce de la baleine qui les émet.

Le processus biologique, qui permet à l’animal de produire ces sons dépend de la famille à laquelle il appartient. Cependant, toutes les baleines, les dauphins et les orques utilisent ces sons comme sonars pour se repérer sous l’eau. En effet, la lumière n’est presque plus présente à de grandes profondeurs, et cet outil leur permet une représentation efficace de leur environnement.

Enregistrés par des hydrophones ces sons, longs et plaintifs,  peuvent durer plusieurs minutes chez certaines espèces (baleine à bosses et baleine franche). On ignore leur fonction exacte, même si l’on pense que dans le cas de la baleine à bosses, ce chant a une fonction liée à la séduction.

D’après certains écologistes, l’augmentation du bruit dans les océans, principalement à cause des machines humaines, interfère avec ces sons et trompe l’animal : et souvent, cette erreur lui est fatale.

Baleines : Le chant des baleines Disque : le chant des baleines

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Émission du son chez les cétacés odontocètes

tête schématisée d'un dauphin montrant les régions impliquées dans la production sonore. Ce croquis a été redessiné d'après Cranford (2000).
Croquis : Tête schématisée d’un dauphin montrant les régions impliquées dans la production sonore.
Redessiné sur Wikipédia d’après Cranford (2000).

Les baleines à dents ne produisent pas les sons de basses fréquences connus sous le nom de chant des baleines . À la place, elles produisent des bouquets rapides de cliquetis et de sifflements de haute fréquence. Les clics isolés sont en général utilisés pour l’écholocation alors que les séries de cliquetis et de sifflements servent à communiquer. Bien que les dauphins produisent lorsqu’ils sont en groupe une véritable cacophonie de sons variés, la signification de ces sons reste mystérieuse. Frankell (1998) cite un chercheur qui compare le bruit produit par un groupe de dauphins à celui fait par des enfants dans une cour de récréation.

Les divers sons sont produits par le passage de l’air au travers d’une structure anatomique située dans la tête, appelée lèvres phoniques ( phonic lips ) ou museau de singe, comparable aux voies nasales humaines. Lorsque l’air emprunte ce conduit étroit, il provoque, à la manière des ronflements humains, l’aspiration et l’accolement des lèvres phoniques et la mise en vibration des tissus environnants, avec émission d’un son. La vibration peut, tout comme l’homme le fait avec son larynx pour la voix, être volontairement contrôlée par l’animal avec beaucoup de précision. Pour l’écholocation, la vibration traverse les tissus crâniens jusqu’au melon, une sorte de caisse de résonance qui forme et oriente le faisceau sonore. Toutes les baleines à dents, sauf le cachalot possèdent deux paires de lèvres phoniques et peuvent ainsi émettre deux sons indépendamment. L’air qui a passé les lèvres phoniques entre dans le sac vestibulaire. De là, il peut être expulsé à l’extérieur par l’évent ou être renvoyé dans la partie inférieure de l’appareil nasal et recyclé pour émettre un nouveau son.

De récentes analyses crâniennes utilisant les techniques de tomographie axiale et de tomographie par émission de photon unique ont montré, au moins dans le cas du Grand Dauphin, que l’air pouvait être acheminé à l’appareil nasal depuis les poumons par le sphincter palatopharyngien, permettant au processus de création sonore de continuer aussi longtemps que l’animal était capable de retenir sa respiration (Houser et al., 2004).

Émission du son chez les cétacés mysticètes

Les baleines n’ont pas de structure du type museau de singe (lèvres phoniques). Leur larynx semble jouer un rôle lors de la production sonore, mais elles ne possèdent pas de cordes vocales et le mécanisme exact reste obscur. Le processus, cependant, n’est pas complètement analogue à celui de l’homme car les baleines produisent des sons sans expirer. Il est probable qu’elles utilisent de l’air en circuit fermé. Les sinus crâniens peuvent aussi être utilisés pour créer des sons, mais les chercheurs n’ont pas encore clairement expliqué le processus.

Exemple : le chant de la Baleine à bosse


Photo : Baleine à bosse

Image : Spectrogramme, accéléré 10 x, baleine à bosse
Source : Wikipédia

Les chercheurs Roger Payne et Scott McVay ont les premiers analysés ces chants en 1971. Ces sons suivent une structure hiérarchique très distincte. L’unité de base (parfois appelée note ) est un son continu de fréquence variable, entre 20 Hz et 10 kHz, qui dure de une à quelques secondes. L’être humain ne peut percevoir que les sons dont la fréquence varie entre 20 Hz et 20 kHz, ce qui fait qu’ils nous sont parfaitement audibles sans équipement. La variation de fréquence au court d’une note peut etre une modulation de fréquence  : vers l’aigu, vers le grave, sans changement de fréquence; ou une modulation d’amplitude  : plus fort, moins fort ou au même volume sonore. Ce qui fait un total de 9 unités sonores.

Une suite de 4 à 6 unités forme une sous-phrase, et dure environ 10 secondes. Au moins deux sous-phrases forment une phrase. Une baleine répète généralement une même phrase pendant 2 à 4 minutes, ce que l’on appelle un thème . Une suite de thèmes forme un chant. Les baleines peuvent répéter ce chant – qui dure environ 20 minutes – pendant des heures, voire des jours entiers. Cette hiérarchie linguistique en « poupées russes » a captivé l’attention des chercheurs.

De plus, avec le temps, le chant d’un baleine évolue. Par exemple, une note qui à l’origine augmentait sa fréquence (« upsweep ») devient, au fur et à mesure des chants, une note contante, une autre note peut devenir plus forte (« louder »). En plus de ces quelques variations, d’autres s’installent avec l’âge de l’animal, au cours des mois ou des années.

Quelques chants :

Entres autres trouvés sur baleines, etc. et sur le site d’Alain Debord

 

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